À propos du massage thaï

« Au Siam, lorsque quelqu’un est malade, il commence par faire travailler tout son corps par une personne entraînée à cet effet. Celle-ci s’active sur le corps du patient et le piétine ».

Simon de la Loubère, 1690, ambassadeur français à la cours royale de Thaïlande.

Un peu d'histoire

   

Le massage thaï tire ses origines de l’Inde et du yoga, on l’appelle d’ailleurs parfois « thaï yoga massage ». Ses techniques ont été développées il y a plus de 2500 an par le docteur Shivago Komarpaj, qui était un contemporain et un proche de Bouddha.

Ce massage nomade a pris le même chemin que le bouddhisme et a voyagé avec les moines pélerins qui l’avaient adopté, du  Nord de l’Inde jusqu’en Chine pour parvenir en Thaïlande où il s’est intégré à la médecine traditionnelle vers les 2ème et 3ème siècles avant JC. Le massage est une branche de la médecine traditionnelle thaïe, qui en comporte trois autres: la pharmacopée, la diététique et enfin, les pratiques spirituelles et la méditation

Il a été transmis oralement pendant des siècles, enseignés dans les temples, les familles et a pris différentes formes selon les maîtres et les régions.

 

Ce savoir oral a été retranscrit sur des feuilles de palmier qui ont pour la plupart disparus lors du saccage de la ville d'Ayutthaya en 1767 par les birmans.

 

Les rares vestiges ont servi de base aux dessins que l'on retrouve aujourd'hui encore sur les murs du temple Phra Chetupon (Wat Po) à Bangkok, dont la construction date de 1832.

Au milieu du 20ème siècle le massage traditionnel est entré dans une longue période de dormance. L’essor de la médecine occidentale en même temps que la montée du massage à caractère sexuel pour les touristes, ont fini par éclipser et ternir la réputation du massage thaï.

Ces 25 dernières années, il y a eu un regain d’intérêt et une volonté de redonner au massage ses lettres de noblesse, en Thaïlande, et un peu partout dans le monde.

Plusieurs écoles se sont mises à fleurir en Thaïlande et des programmes gouvernementaux ont contribué à réhabiliter le massage et à structurer l’enseignement dans certaines institutions.

Asokananda (Harald Brust, 1955-2005), d’origine allemande, a émigré en Thaïlande et fut le premier à publier sur le massage thaï en langue étrangère (français, anglais, allemand, italien).

Cet intérêt et ces efforts conjoints des Thaïs et des étrangers pour réhabiliter cet art de guérison millénaire ont permis sa renaissance, la floraison d’une multitudes d’écoles et l’exportation de cette technique à travers le monde.

Le massage thaï continue ses pérégrinations, s’enrichissant au contact d’autres cultures et connaissances, comme il l’a semble -t- il toujours fait.

En Thaïlande comme dans toute l'Asie, le massage est considéré à juste titre comme un outil de santé à part entière, et pas uniquement comme un moyen de détente. Et avec ses quelques 2500 ans d’histoire il a largement fait ses preuves. 

Les bases théoriques
  • Les lignes d’énergie​​

Le premier principe du massage thaï est le suivant : le corps est parcouru de lignes dans lesquelles circule ou stagne l’énergie que les thaïs comparent à du vent. Ces lignes d’énergie sont au nombre de 72000 mais on en a choisi 10 principales que l’on appelle les « sen sib » en thaï. Travailler sur ces lignes en y appliquant des pressions lentes et rythmées a un effet sur la circulation du vent, soulage les douleurs et atténue le stress.

La première de ces lignes est appelée SUMANA elle parcourt le centre du corps et traverse les 7 chakras. De ce fait elle a trait à tout ce qui fait de nous des êtres humains et représente tout ce que nous sommes, tout ce que nous avons le potentiel d’être. On l’utilise pour taiter par exemple l’asthme, la bronchite, le rhume, les maladies cardiaques ...

La deuxième ligne est appelée KALATARI, elle parcourt le corps en formant un X et touche au domaine émotionnel, raison pour laquelle elle doit être abordée avec beaucoup de respect et de sensibilité . On l’utilise en cas de dépression, de douleurs généralisées, douleurs abdominales ...

 

En troisième position on trouve ITTHA et PINGKALA qui couvrent respectivement les côtés gauche et droit du corps. A ce titre elles représentent le féminin et le masculin, le yin et le yang, elles complémentent le travail autour de  sumana et apportent l’équilibre. Elles sont parcourues en cas de douleurs lombaires, de sciatiques, de problèmes liés aux systèmes digestif ou urinaire ...

 

SAHATSARANGSI à gauche et TAWARI à droite sont les lignes de détoxification du corps. Il est recommandé de les travailler en cas de douleurs aux genoux, d’arthrite, de burn out ...

 

LAWUSANG et ULANGKA fonctionnent en miroir comme les deux précédentes et concernent tous les problèmes liés aux oreilles, aux maux de poitrine, au scepticisme face à ce qui n’est pas tangible ...

 

Et pour finir un dernier duo de lignes, avec NANTAKRAWAT (à gauche) qui concerne les problèmes d’excrétion et les problèmes urinaires, et KITCHANA (à droite) qui traite tous les problèmes en lien avec la sexualité.

 

Une connaissance détaillée de ces lignes n’est pas essentielle à la pratique du massage Thaï. Elles sont difficiles à appréhender, on les parcourt sans les voir et leur localisation même diffère légèrement selon les écoles et les professeurs.

 

Pour conclure cette partie notons que cette tradition de transmission orale et plusieurs fois millénaire ne s’embarrasse guère de théorie, très peu d’écoles en Thaïlande abordent autrement qu’en surface cet aspect.

  • Les quatre éléments : terre, eau, air, feu

Cette théorie repose sur l’idée qu’ il existe quatre éléments fondamentaux qui unifient l’âme et le corps : la terre, l’eau, l’air et le feu. Quand ces quatre éléments sont en harmonie, la personne est en bonne santé, quand un déséquilibre s’installe, la maladie peut survenir.

 

La terre est représentée par les parties solides (les os et les muscles), l'eau par le sang et les sécrétions, le feu par la digestion et le métabolisme, l'air par la respiration et la circulation sanguine.

 

L'objectif est d'équilibrer les fonctions des quatre éléments fondamentaux dans le corps en effectuant un travail complet des 10 lignes d’énergie citées précédemment.

 

  • Les cinq corps : physique, énergétique, émotionnel, mental, spirituel

Il s’agit ici des 5 corps ou koshas de la tradition yogi qui sont :
 

- annamaya kosha : le corps physique

- pranayama kosha : le corps énergétique

- manamaya kosha : le corps émotionnel

- vinjanamaya kosha : le corps mental

- anandamaya kosha : le corps spirituel

 

Ces corps sont imbriqués comme une poupée russe et les techniques utilisées en massage  thaï nous amènent à les « toucher » tous. Notons qu’avec les différentes traductions possibles, plusieurs définitions des kosha peuvent être rencontrées.

 

Il est donc important de dépasser l’approche purement physique, qui est celle de la médecine occidentale classique, et de prêter attention aux changements intérieurs profonds qui peuvent arriver en conséquence de nos traitements. Le massage thaï est véritablement holistique en ce sens qu’il considère l’être humain dans tous ces aspects du plus concret au plus subtil.

 

Le corps physique est notre porte d’accès à tous les autres corps, sans lui nous sommes dans une dimension purement spirituelle, sans formes. Il n’y a aucune référence purement scientifique dans ce domaine, aucune carte précise.

Notre but est de développer nos sensations et intuitions, à travers une pratique méditative et une connaissance de soi même.

L'éthique

La sociétè thaïlandaise est profondément empreinte de la philosophie bouddhiste qui constitue le cadre définissant les bonnes pratiques en matière de massage.

 

La journée du masseur, tout comme de l’apprenti, commence traditionellement par une prière chantée au père fondateur de la médecine, le docteur shivago.

 

Avant chaque massage on effectue le  « wai kru », recueillement méditatif, hommage aux professeurs, à la lignée, mais également retour sur soi et moment de concentration avant de commencer le travail. On retrouve le « wai kru » dans la danse thaïe, la boxe thaïe et toutes les pratiques traditionelles.

 

Dans le bouddhisme theravada on dénombre quatre qualités morales qui doivent être méditées et cultivées, Il s’agit de :

- Metta   : bienveillance

- Karuna : compassion

- Mudita : altruisme

- Upeka  : impartialité

 

Ces principes gouvernent la qualité de notre intention, ainsi que celle de notre toucher.

 

Enfin, tout masseur en Thaïlande fait le serment de respecter les recommandations suivantes :

  1. Etudier avec diligences les techniques et la pratique du massage

  2. Ne pas pratiquer dans les lieux publics

  3. Se faire rémunérer de façon raisonnable

  4. Ne pas détourner la clientèle d’autres praticiens

  5. Ne pas se vanter au sujet de ses connaissances

  6. Demander conseil et écouter les personnes qui ont plus d’expérience

  7. Respecter la réputation et la tradition du massage thaï

  8. Ne pas remettre de diplôme à une personne qui n’est pas proprement qualifiée

  9. Remercier le « père de la médecine » avant et après le massage

Les bienfaits du massage thaï

Cette pratique millénaire est avant tout un merveilleux outil de prévention, elle nous maintient en bonne santé. Elle s’adresse à tous les systèmes du corps, système énergétique, musculaire, ostéo-articulaire, digestif, respiratoire, endocrine, mais aussi et surtout au système nerveux grâce à son effet profondément apaisant.

 

Ce bien-être s’obtient par les pressions sur les lignes d’énergie, les étirements, les ballottements, les postures de yoga appliquées. Le tout étant exécuté au cours d’une danse fluide, rythmée et harmonieuse.

 

Toutes les articulations sont mobilisées, les fascias étirés, les organes pressés. Les émotions, crispations, tensions sont également invitées dans la danse afin que l’énergie circule, que l’équilibre soit retrouvé.

 

Cette invitation à l’éveil nous permet :

- d’améliorer la circulation sanguine, lymphatique et énergétique

- de réduire les gonflements (rétention)

- de soulager les tensions musculaires et d’éliminer les toxines

- d’améliorer la souplesse et la mobilité articulaire

- de réduire la douleur

- d’améliorer la fonction des organes internes

- de combattre les problèmes digestifs et de constipation

- d’augmenter la capacité respiratoire

- de lutter contre le schéma pris par le corps suite à nos activités asymétriques

- de retrouver de l’énergie

- de faciliter le contact avec les mémoires du corps

- de permettre la libération des douleurs émotionnelles

 

Après une séance de massage Thaï vous vous sentez ressourcé, souple, léger, et revitalisé !

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